Témoigner du Christ ne demande aucune qualité particulière !

C'est Dieu qui nous rend dignes d'être ses témoins. Nous ne le sommes jamais à cause de nos qualités.

Par leur baptême, les chrétiens sont des témoins du Christ au milieu des hommes. Cependant, sous peine de tomber dans un moralisme culpabilisant, il faut rappeler que celui qui témoigne n’a pas d’abord à être à la hauteur de celui dont il témoigne. Autrement dit, ce n’est pas sa dignité qui fait du chrétien un témoin, c’est le témoignage qui le rend digne en le façonnant progressivement en image du Christ. La nuance est d’importance. En effet, le croyant peut trouver sa fonction de témoin du Christ au-dessus de ses forces, au-dessus de l’état religieux ou moral qui est le sien présentement. Mais dans ce cas, il raisonne comme s’il avait à témoigner de lui-même en tant que disciple exemplaire ! Or, le Christ n’attend pas que nous soyons devenus des saints pour nous charger d’être des signes de sa présence parmi les hommes.

Témoins d’un Autre, non de nous-mêmes 

Car le baptisé-témoin est d’abord celui qui atteste de la présence en lui de Quelqu’un qui est différent de lui. Il n’a pas à se hisser lui-même à la hauteur de l’objet de son témoignage, le Christ, comme s’il devait, à l’aide de ses ressources accumulées jusqu’à maintenant, devenir un homme semblable, dans son être comme dans ses actes, à son Maître. Non, dans un premier temps, ce que Dieu lui demande, c’est de signaler qu’il a été saisi par un Autre. Témoigner, c’est d’abord signifier une présence, non devenir tout de suite le signe parfait de la charité christique accomplie en notre personne ! Sinon, qui pourrait se vanter d’être parvenu à un témoignage véritable ? 

En matière d’auto-témoignage, seul celui du Christ vaut. Seul, il peut affirmer qu’il porte témoignage parfaitement à la charité divine en sa personne. De notre côté, nous ne sommes témoins que de sa présence agissante en nous. Le Christ témoigne de lui-même, ainsi que le fit Dieu au Sinaï (« Je suis Celui qui suis »), lorsqu’il déclare par exemple : « Je suis la lumière du monde » ou « Je suis la résurrection et la vie », tandis que nous ne faisons, de notre côté, que témoigner de lui.   

                                                                                                    (…..) Jean-Michel Castaing